dimanche 11 avril 2010

La peur.

Tout commence par cette devinette:
" Je suis plus puissant que Dieu.
 Je suis plus méchant que le diable. 
 Le pauvre en possède.
 Le riche en manque. 
 Et si vous me mangez, vous mourrez.
 Qui suis-je? "

Malgré la simplicité lexicale de la devinette, rares sont ceux/celles qui en trouvent solution, ceux qui la trouvent sont soit de très jeunes (5 ans ?), soit des fanas du saint-Google béni soit son nom.

Pourquoi la difficulté à trouver cette solution ? Pourquoi la peine à voir ce qui est évident ? La réponse à ces questionnements réside dans les deux premières phrases de cette devinette, la mise en bouche qui étrangle tout le monde, c'est cette peur d'une apparence moisie d'un questionnement qui voudrait ébranler certains édifices.

La peur, cette sensation qui met en marche nos réflexes de survie, ces réflexes tous naturels, animaliers, qui ont aidé nos ancêtres à survivre la loi du plus fort, une souris se fige devant un chat qui la regarde, elle devient paralysée et il lui faut du temps, pour que cette adrénaline injectée dans ces veines s'estompe un peu et lui permet de retrouver le chemin du salut.

Personne ou presque n'aura l'idée de s'abstraire des deux premières phrases, et essayer de résoudre la devinette à partir des trois dernières allégations, l'obsession par les deux premières est trop forte, on ne peut pas facilement s'en abstraire, on est terrorisé par leur écriture.

Cette terreur s'apaise peu à peu, le lecteur commence à sortir de son état de torpeur, mais ne va plus remettre en cause quoi que ce soit par rapport à la devinette et au mieux, il commence à avoir de la haine pour celui qui les écrit, commence à le juger et à le classifier, enfin à chercher à le classifier, en délaissant totalement la devinette, cette devinette à laquelle il ne veut pas revenir.

Pourquoi avoir peur de lettres adjacentes sur fond coloré ? Pourquoi cette mise en marche de mécanismes ancestraux, cette puissance de calcul de nos méninges pour un acte destructif ? La est le paradoxe humain, malgré sa grandeur, son esprit reste ligoté dans des moules préfabriqués dans lesquels il y a été tassé depuis sa tendre enfance.

Pour ceux/celles qui sont arrivés à ce point je vous donne "la solution" : rien.
- Rien n'est plus puissant que dieu
- Rien n'est plus méchant que le diable
(en tant que notions réelles ou abstraite/idéal, selon les croyances, moules)

Les trois autres deviennent faciles, (on mange rien on meurt etc).

Et là, tout soudain, la peur s'estompe et un sentiment de satisfaction vous remplis ... , un soulagement mélangé avec éventuellement un sentiment de sympathie (on n'a pas dû juger rapidement, on comprend mieux le sens maintenant) et un soupçon d'auto-dérision, il a fallu quand même du courage de lire à la fin, un texte ... qui fait peur.




Gar.



3 commentaires:

  1. voila une devinette qu'est fort sympathique. Ah ce qu'on est bien dans son moule.. Il est effectivement superflu de mettre des idées rondes dans des concepts carrés.

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  2. Mais la peur de penser, de remuer les méninges ne doit pas nous gagner, c'est dans la remise en cause que la certitude vient.

    Les axiomes de départ, c'est à nous de les définir, subjectivement, puisqu'au départ (en termes abstraits), il n'y a que le néant.

    Mais en aucun cas, on ne doit avoir peur .. de penser.

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