lundi 14 juin 2010

الْمَوْجُ.   

في عتمة الليل
في عرض البحر
تشاجرت موجتان

قالت
"اذهب عني
دعني وشأني
فأنا الآن كالبركان"

و من كلامها
ضحك الزّبد وقهقهت الحيتان

اجابها بعين دامعة
"كيف لي ان اترك المكان ؟

وانا بحبّك ممحون
و للعيش معك ضمآن ؟"

فارتفع ضحك الزّبد
وازدادت قهقهة الحيتان

بلّلتهما الدّموع
و هما في عقْم يتجادلان

حتّى انكسرتا على الصّخر
وصارتا قطْرا لا يبان

في صخيب
غطّى
ضحك الزّبد و قهقهة الحيتان.

mercredi 2 juin 2010

La buée.

La pluie battait son plein dehors, et le vent criait à tue-tête à travers le carreau brisé de la fenêtre de notre cuisine, carreau que Monsieur ne s'est jamais dédaigné de réparer, et dont toute allégation pourrait conduire à une chamaille dont je me passerai.
Je venais de mettre mon petit bout au lit et couru me réchauffer à côté de ce monsieur étendu dans son canapé favori tout en tenant son grand journal et pompant avec les pieds l'unique et dérisoire chaleur dans cette demeure générée au prix fort par notre minuscule radiateur électrique.
J'ai allumé le poste de télévision comme toute femme qui se respecte mais rien n'y fait, l'orage dehors fait faire des pirouettes acrobatiques à ma parabole, rendant la réception impossible; Monsieur montra quand même par un léger grognement son mépris à l'égard de mes tentatives infructueuses de trouver une chaine fonctionnelle, j'ai battu retraite et éteignis la télé.

Je me suis accolée à lui, regardant les pages de sport dont il ne se lasse jamais, et qui à moi n'évoquaient rien, il bougea un peu signe distinctif de sa volonté que j'aille m'assoir ailleurs, signe que j'ai totalement ignoré.
Il lisait, lisait en silence, toutes ces colonnes, du texte, des chiffres, des tableaux, des résultats, des conneries et je ne sais ce qui m'a prise pour lui lancer en désignant d'un doigt un footballeur : "C'est lui Messi  ?" il parût brièvement perturbé, mais sans dire mot, il hôcha négativement la tête.
"Sonia m'a dit hier, que son fantasme c'était lui ! " ai-je ajouté avant d'extraire de ma bouche un court rire niais.

"Elle a vraiment des fantasmes bizarres dont je t'en ferais abstraction, je sais, elle n'est pas du genre à tromper son mari, mais elle nage tout le temps dans ses fantasmes"
Je me suis tue, attendant une réaction de sa part qui ne vint jamais, avant de continuer de plus belle

"Moi, par exemple, j'ai des fantasmes, mais c'est plutôt le lieu et le moment qui m'interessent, tu vois par exemple, j'aimerais bien qu'on se retrouve moi et toi coincés dans un ascenceur ce qui est assez classique me dirais-tu, ou mieux encore qu'on se fasse du bien dans ton bureau, avec la peur que quelqu'un nous y suprenne"

Il hôcha la tête positivement, signe ininterprétable au vu de ce que je venais de dire, j'ai fermé les yeux, jeté ma tête en arrière, et j'ai continué

"Imagine, qu'on sorte ensemble, là maintenant, tout de suite, sous ces trombes de pluie, qu'on aille au milieu de nulle part, dans un parking d'hypermarché, dans une rue dépeuplée,  qu'on s'embrasse comme ces deux amants ne le fûrent un jour, des baisers furtifs avec toute cette peur qui nous envahit, peur d'être vus, d'être découverts, et avec toute cette passion qui nous allumait, je sens déjà mon visage qui rougit, et tes mains se baladant gracieusement sur mon corps, au dessus de toute cette masse de vêtements avant qu'elles ne commencent à se frayer chemin dessous, là où personne ne s'est jamais aventuré.

Mes gémissements seront masqués par le vacarme de la pluie sur le toit métallique de la voiture, et je te demanderai sûrement de t'arrêter, mais tu ne dois surtout pas m'écouter, on passera comme on le peut sur la banquette arrière, et tu porteras mes mains sur cet objet durcissant sous le tissu bleu de ton jeans, je n'oserai pas regarder où mes mains tremblantes se délectent, tu déboutonneras tout ce que tu peux déboutonner, et tu te balladeras sur mes cuisses sous ma petite jupe que j'aurais porté pour l'occasion, et moi j'attendrais le gros méchant loup encore caché qui n'attend que l'éclair d'une fermeture pour aller mordre au fond de moi.

Tu m'adosseras sur le banc, et tu m'embrasseras comme tu veux, là où tu peux, je ne verrai que ta tête que je tiendrais par les mains, farfouillant mon corps à moitié dénudé et sentirait  ton appendice se faufilant dans ma tanière, qui deviendra sienne dans une explosion de sensations indescriptibles, sensations dessinées par les bouts de mes doigts sur la buée de la vitre derrière moi.

Et là, encore hâletante, ta tête remontera au niveau de la mienne, et tu embrasseras le bonheur sur mon visage en me murmurant tes plus beaux mots d'amour, comme jadis, tu faisais ."

Je ne saurais peut-être jamais à quel moment j'ai arrêté de parler, mais quand j'ai ouvert les yeux, j'étais tapie dans ce canapé, seule, il était deux heures du matin avec des pieds gelés parceque le salaud en allant se coucher n'a surtout pas oublié  d'emporter avec lui le radiateur.




mardi 1 juin 2010

جنين   



تقاطر دمعي في صمت
حتّى لايزعجك
وانت به
تحلمين
و انت به مشغولة
تنتظرين
و بوجودي
وبصمتي
لا تأبهين
فحبّك له يا صديقتي عبق ورد
وياسمين
وحبّي لك في القلب وخز ابر
وسكاكين
فما عسايا افعل
ان اشتدّ بي الشّوق
و الحنين ؟
الى عينيك ؟ الى شفتيك؟ او الى ذاك
العرين ؟
فما عسايا افعل والخالق يعد
من حور العين
ستّا وستّين
و انا غيرك يا حبيبتي ما ردت من الدّنيا شيئا
ولا من الدّين
فلأبك حبّك في صمتي وارثيه
فقد اعدم
وهو لا زال في الرّحم
جنين

mercredi 26 mai 2010

Libre.

Préambule: Ceci est un récit, morose, noir, lugubre et triste, inspiré de faits réels, j'ai dû ajouter ce préambule vu que ceux/celles à qui j'ai montré mes brouillons, n'ont pas été très contents de moi après.


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Ils sont tous assis, tous me regardent, certains, les yeux rouges, d'autres attendent, la blouse blanche a annoncé l'arrivée de mon wagon à son terminus avant de me donner ma dernière dose de sédatif et me retirer cette bouteille de sérum, et je me sens déjà léger, à planer dans les airs, vais-je voir ce tunnel sombre et la lumière blanche au fond ? Non rien de cela, je ne vois que des expressions sur des visages autour de moi.

J'observe ma femme, triste ? Je me demandais qu’est ce qui pouvait la rendre triste ? Est ce mon départ ? On s'est déjà quitté il y'a plus de dix ans, et elle n'a été qu'heureuse depuis ! Est ce mon départ ou bien l'imminence du sien qui l'attriste ? Je pense avoir tout fait pour ne lui laisser aucun fardeau, à sa place, j'aurais déjà commencé à raconter des blagues voilà que mon colocataire de palier qui fait ses valises, je n'étais que son voisin de chambre, avec qui jadis elle flirtait, et qui depuis le temps l'aurais dû vraiment quittée, je n'étais peut-être pas un bon mari mais je l'assumais.

Ma respiration est de plus en plus pénible, je sens mon torse endolori sans vraiment faire mal, grande envie de tousser, mais pas assez de forces pour le faire.

Je regarde ma fille, revenue de France pour l'occasion, et quelle occasion, comme si elle attendais ce moment pour venir me voir, je ne peux dire que pendant toutes ces années elle nous aurait oubliés, elle a toujours téléphoné ... à sa mère, jamais elle n'a pensé à quel point à moi elle manquait, mais je n'osait le lui dire, finalement je ne savais rien d'elle, mais ce n'était pas grave, sa mère en savait assez, j'aurais bien aimé que même pour cette occasion, qu'elle vienne m'embrasser , me dire adieu, me dire que peut-être elle m'aime, me dire "papa" comme quand elle le faisait toute petite, mais rien, elle était plantée la, limite embêtée, collée à sa mère sans dire mot.

Je sens de moins en moins les pieds, un engourdissement apaisant les envahis, ils ne me font plus mal, je ne suis pas sûr que se soit le sédatif, j'ai atrocement soif.

Ma mère pleurait, assise toute seule à mon chevet, elle essayait de se retenir, elle ne comprenait pas, elle murmurait sans cesse croyant que je ne l'entendais pas : "Dieu, prenez moi et laissez le" tout en me tenant la main, une main qu'elle caressait sans cesse.
Cette mère que j'ai toujours ignoré, que j'ai toujours délaissé, qui ne voulais rien de moi et que ma femme refusait de vivre avec, vivant de la retraite de feu mon père, et m'agaçant avec ces coups de téléphones pendant mes réunions de travail, elle , qui se retenait de m'appeler chez moi, pensant ainsi réduire les tensions au sein de mon "couple".

J'ai encore plus soif, mais à quoi sert bon de gaspiller de l'eau, d'ici peu je n'en aurais plus besoin, à jamais, que se soit en enfer ou au paradis, je me demande d'ailleurs de quoi j'aurais besoin, tout ce dont je me suis battu pour, je vais le laisser dans ce bas monde, même ce corps que je m’obstinais à muscler pour en garder la jeunesse.

Mon frère était là aussi, il fumait sa cigarette sur le pied de porte, je n'ai pas assez de force pour lui jeter ma carafe d'eau à la figure, dommage, ça aurait été marrant, il va sûrement happer un maximum de mes biens d'ici quelques minutes , lui loup aux dents si aiguisées, il doit être content de lui tuant le temps avec sa cigarette en me regardant avec dédain comme si j'étais la pire racaille sur cette terre.
Il a déjà plumé ma mère au décès de mon père, et aujourd'hui une autre occasion en or qui se présente pour refaire de même.

Et cette odeur de cigarette me piquait le nez, mais peu importe, elle ne pouvait rien me faire de plus, mes mains sont totalement engourdies, et les visages s’effacent ... peu à peu, pas de trace de tunnels, mes yeux se ferment, je ne sais plus si je respire encore, mais j’entends toujours ma mère murmurer.

Mon fils était là tout à l'heure à me regarder dans une froideur magistrale avant de sortir avec la blouse blanche, aucune émotion, j'imagine que finalement il n'est pas content, au moins pour la famille il va devoir retarder son mariage, je lui ai demandé pourtant de ne pas le faire, mais moi je pars, lui il reste, sa femme va sûrement me damner, elle qui croit que je ne l'aime pas, elle est sûrement différente de ce que je voulais pour mon fils, mais jamais au point de la haïr.

Je sens de moins en moins la main de ma mère qui tenait la mienne, je commence à avoir légèrement froid, comme si une douce brise d'été soufflait sur mon corps, ce n'était pas désagréable.

Tu m'avais téléphoné la veille, je t'avais menti, je t'avais dis que c'était bénin, tu allais partir à la maternité pour ton deuxième enfant, j'espère que tu ne vas pas être triste ma tendre amie, mais heureuse, oui, je veux que tu sois heureuse pour moi, mon âme sera avec toi depuis l'au-delà, je ne te quitterai pas des yeux, je n'aime peut-être pas ton mari, mais ... pas toi, j'ai toujours rêvé de toi, de ta main que tu m'as refusée, de tes messages volés, de tes phrases douces que jadis dans mon oreille tu glissais.

Je n'entendais plus ma mère, je sens que je tombe, sensation normale vu que je ne sens plus le lit sous mon dos, je sens le néant, je n'ai plus mal, plus soif ... je suis finalement ... libre ...

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lundi 24 mai 2010

ستي   

ستي سميّة كانت تقرّي فيّا الحساب عام السّانكيام متاعي, في اول العام كانت تظهرلنا صعيبة برشة امّا بالشّويّة بالشّويّة خذينا على بعضنا و ولّات عسل , ستي كانت محلاها واللي تلبسو يخرج عليها موش كيفي انا ربّي خلقني ذميّم باللّي نلبس يجي كبير عليّا, حتّى كان لبست حوايجي متاع عمناول, صيف و الّا شتاء ديما لابسة القصير, وآش كانو يطيحو الستيلوات في ساعتها,هو قسم كنت فيه ما فيه كان زوز بنات يستحيل اطلّعوهم في تصويرة اخر العام والباقي اولاد يتفاككو في البلايص الاستراتجية علا الجناحات اليمين و اليسار.

انا الحق ما كنتش نتبّع فيهم, كنت ديما نقعد في الوسط, كنت نخاف منها برشة, نقعد نخزر لعينيها الخضر نستنّى فيها ترميهمش عليّ.
تعدّات الايّامات, و قدّمنا في العام, وانا ساعة الحساب هاذي ساعة حساب و عقاب عندي, تخنقت و بهمت, ما نعرفش هاك الخوف الكل منين جاني.

حتّى جا نهار عملنا فيه الامتحان الاول,و اعطاتني انا اخيب عدد, كي خذيت الورقة من عندها و ريت هاك العدد الحموم, ريت معاه الكف متاع بابا مصوّر على وجهي, و كيف كملت السّاعة, و انا خارج مالقسم عينيّا بالدموع وانا بكلّي نرعش شدّتني ستي و قالتلي "اقعد انتي".
كيف خرجو الاولاد الكل, قعدت ستي على بيروها و وقفتني على المسطبة بجنبها, وبدات تتكلّم, ... تتكلّم ... قالتلي برشة كلام انا ما فهمتوش الكل, شطرو سمعتو وشطرو الاخر لا وانا عينيّا ما عرفتش تركح بين عينيها اللي ياكلو ماكلة و الّا يديها اللي على كل تحريكة نقول كف باش ناكلو.
هي تتكلم و انا نمسح في الدموع ونشهق, واللي فهمتو في الاخر انها مستغربة كيفاش خذيت عدد كيف ما هكّة وانا اعدادي العام الفايت كانت باهية, ولّيت وقلتلها اللي انا ... نخاف منها,سكتت وقتها ستي و تبسمتلي وجبدتني ليها و هزّتني قعدتني في حضنها و باستني من خدّي وقالتلي "مزّلتش نخوّف هكّه؟"
الحق كان صعيب عليّ باش نخمّم, قالتلي "ماعادش نحبّك تخاف منّي, انا هوني باش نورّيك,باش نقرّيك, موش باش نضرّك, وعلى كل حال هالامتحان هاذا مانيش باش نحسبهولك, هات الورقة لهوني, امّا راني نحبّك ترجع التلميذ الباهي متاع اعداد عمناول" وخذات من عندي ورقة الامتحان وخلّاتني نروّح بعد ما مسحتلي هي دموعي وحسّيت بروحي خير.

ليلتها ما جاني نوم كان بالسّيف, هاك القعدة في حضنها, هاك البوسة على راسي حوايج غريبة ما نعرفهاش حسّيت بيها, وانا اللي كنت نخاف كي نخزر لعينيها بتت ليلة ... نحلم بيهم.
وهاك التلميذ الخوّاف ولّى خدّام ويشارك في القسم ويفرح كيف ستي تقلّو "صحّيت" ويتبّع, وماعادش يشوّش ,صحابي مالاول يحسابوني نقفّف, نتغشش كي يجبدوها والّا كي يدوروها بلادة وركاكة و ستيلوات طايحة حتّى نهار واحد فيهم رماها الكلمة : "فتحي يحب ستي" ياخي اشنيّ مشكلتو؟ يمكن نحبّها, تهيّ باهية,مزيانة,حنينة كيفاش انجم ما نحبهاش؟ وزيد عاد هاك العينين الخضر ...

وتعدّات الايامات, و انا كل يوم نزيد نقربلها اكثر كاينّي نحبها تعود تاخذني في حضنها مرّة اخرى امّا هي ما عاودتهاش, حتّى بعد العيد كيف مشيت نعيّد عليها باستني من فوق راسي.
العام قريب يوفى, قاعد مرّة وحدي في القسم نكتب في انشاء, سرحت, وجبدت ورقة اخرى و طحت نخيّط في اللي سمّيتها رسالة غراميّة من بعد كي كبرت, تخلويض الدنيا الكل حطيتو فيها, كمشة قلوب بالستيلو الاحمر, عربي مكسّر على فرنسي مدقدق وخرجلي جواب يفتّق, خبّيت الورقة في كرطابلتي و روّحت.
الصباح هي تقرّي فينا, وصاحبي (اللّي ما عادش صاحبي من نهارتها) ظهرلو هاك الجواب وانا نخرّج في الادوات متاعي,يغافلني ويجبدو ويقلب بيه الدنيا, تغششت ستي, فكّتّلو الورقة و خرّجتنا الاثنين معاقبين البرّة مالقسم وربّي ستر نهارتها المديرة ما تعدّاتش والّا راني تهردت.

كي وفات السّاعة وخرجو الاولاد الكل ناداتو هو مالاوّل و سمعتها تصيح عليه وشواتو على يديه بالمسطرة, واللّه يستاهل, ايّه فيه, خرج هو يضحك ما همّوش ودخلت انا ... وبدات ستي تتكلّم, كلام ما سمعتوش انا نرعش خايف حبّيتها تسكت و تسخطني بهاك المسطرة كيما جا جا وتخلّيني نروّح, يا خي هي حطّت يدّها على كتفي و قربتني منها وقالتلي "في بالي بيك وليّد عاقل, شنيّ هالجوابات وزيد عاد بكلّو اغلاط" وسكتت شويّة تقرى في هاك الورقة و قالتلي "سنية نكتبوها بالتّاء في الاخر" , قلتلها "موش سنية, هاذيكة ستي"
عينيها تحلّو , حواجبها تهزّو , وضحكت ... ضحكت ستي كيف ما عمري ما سمعتها تضحك, وضربتني ضربة خفيفة على ظهري و بدات تتكلّم وهي تضحك , و انا كي العادة ما فاهم شي من كلامها امّا عاودت برشة مرّات "كي امّك" تي بالله اش ما دخّل امي في ها الحكاية ؟ المهم انها في الاخر رجعتلي الورقة وعنقتني وباستني من خدّي وبستها حتّى انا وقالتلي "برّى روّح توّى وخمّم في الكلام اللي قلتهولك" مشيت روّحت و انا من هاك التعنيقة ما خرجتش.

وتعدّى العام, ونجحت, وعدّيت اخيب صيف في حياتي نستنّى في القراية وقتاش تجي, وكيف رجعنا, ستي ما رجعتش, وما شفتهاش من بعد بالكل ... كان في منامي و الّا كيف نمد ساعات هاك الورقة اللّي ولّات صفرا وانا عمري نخبّي فيها من بقعة لبقعة.

mardi 11 mai 2010

Jalousie ?

J'ai servis le dîner , et je lui ai souris, j'été contente, paisible , je savais que je l'aimais, je savais qu'il m'aimait, tous les couples sont des cas à part, mais tout le monde croit qu'il est à l'image de l'autre, rien n'y est vrai, l'amour n'est jamais ce qu'on décrit, c'est ce qu'on ressent, c'est ce qu'on vit.

Quand je suis rentrée vers 18 heures, il m'a lancé son habituel "Bonsoir chérie", et comme tous les jours,  c'était le moment le plus tendre de la soirée, je me suis changée et je suis dépêchée à la cuisine, et il m'y a suivi, comme d'habitude, me prenant par derrière pendant je mijotait ma petite marmite sur le feu, collant sa joue sur la mienne me tenant avec ses gros bras qu'il ne cesse de muscler, et me chuchotant en douceur "Bien passée ta journée au travail aujourd'hui ?", rien au monde ne m'aurait remplacé cette étreinte, depuis le temps où notre vie intime c'est résignée à des bises et quelques caresses, je ne voyais rien venir, je sais que c'est moi, cela fait bien longtemps que l'idée de faire l'amour me répugne, il a toujours essayé, mais rien n'y fait, est ce cette dernière fausse couche ? est ce le décés de ma soeur ? est ce cet âge qui commence à dessiner rides sur mon visage ? l'envie en moi est chassée par le dégoût, et je ne saurais point l'expliquer.

Je n'étais pas au travail lui qui m'y croyait, Je venais de rentrer apaisée d'une longue ... longue marche dans les environs, à penser, à méditer, à pleurer sur mon sort sur ce qu'est devenue ma vie, je devais sortir, je devais respirer cet air, revoir ce mariage à la dérive, et qui arrive à port, le choix était difficile, mais que valait mon ego ?  qu'est ce  le bonheur ? est-il caché dans des parties de jambes en l'air qu'on se répugne d'offrir ? qu'est ce que je peux offrir d'autre que ma tolérance ? l'acceptance de sa nature d'homme ? lui, il m'accepte, vivre sans enfants, sans vie intime, il est toujours resté avec moi, il m'a toujours parlé, et j'ai manifestement toujours fait la sourde oreille, il me fallait un bon coup de poing pour me réveiller, ses besoins ne sont pas morts avec les miens, je lui étais aveugle, sourde, lui qui me faisait tout pour me rendre heureuse, non , je n'ai pas le droit d'être jalouse, ce sentiment destructeur n'a aucun sens dans ma vie, je prendrais ma part, et laisserais à César ce qui est à César.

Quand je suis rentrée tôt aujourd'hui de mon travail, ils étaient les deux sur le lit, sur notre lit , plongés dans leurs mouvements frénétiques dégoûtants écoeurants, leurs ébats arrivaient jusqu'à la porte d'entrée que j'ai ouverte avec un minimum de bruit de peur de le réveiller, moi qui le croyait dormir fatigué comme il me l'avait toujours dit, ils n'avaient même pas pris la peine de fermer la porte de la chambre à coucher, habitués ? le lit couinait, elle gémissait et mon coeur criait, pleurait, et je me suis échappée ... sans faire de bruit.

Jamais je n'ai cru avoir à subir ce supplice ce soir, je voulais rentrer lui préparer une bonne lasagne, comme il l'aime, et comme je l'aime, il est toute ma vie, mon amour, mon ami, mon frère, mon père, mais moi qu'étais-je  ? sa femme ? je ne l'étais que partiellement, devant la société peut être, dans ma tête peut être, mais pas totalement dans la sienne, je saurais quand même vivre heureuse en le laissant vivre heureux; que d'autres lui donnent ce que je ne puis avoir, in fine, c'est dans mon lit qu'il passera ses nuits.

mardi 27 avril 2010

Grosse, vieille et laide.

Dorra était ma voisine de palier, divorcée depuis au moins 10 ans, dans sa soixantaine,  et qui débordait de gentillesse malgré l'acharnement de la terre sur elle, son mari alcoolique né, ne l'a quittée qu'après lui avoir aspergé le visage d'eau bouillante, en conséquence d'une dispute dont elle n'avait jamais voulu parlé, elle a refusé de porter plainte, mais a été catégorique sur le divorce.

Dorra défigurée, a plongé dans la boulimie et a  gagné du poids, énormément de poids, quand je me suis installé dans mon nouvel appartement il y'a trois ans, elle était déjà bien ronde, enfin gravement grosse, elle ne pouvait techniquement plus monter les escaliers sans prendre quelques pauses, et de toutes façons, il n'y avait que moi qui parlais avec elle, les autres voisins ont vraiment peur d'elle, elle leur semblait bizarre, retirée, grosse, vieille et très laide.

Depuis que je l'ai connue, j'ai étais chez elle à maintes reprises, elle étais gentille, paisible, délicate, elle avait une voix de rêve, quand elle parlait, rien que de perles ne sortaient de sa bouche déformée, je l'aidais en lui faisant parfois ses courses, contre un petit thé de temps en temps, et quelques soirées à regarder les VHS que je lui apportais, j'aimais bien sa compagnie, elle avait un grand esprit, de grandes connaissances, une grande expérience humaine, et sa bonté de coeur n'avait rien d'égal, elle n'en voulait à personne et ne tentait jamais de mettre son poids sur autrui, je l'écoutais pendant des heures quand elle me parlait poésie, et elle m'écoutais des heures à divaguer sur tout et n'importe quoi.

Ma vie a basculé le jour où ma fiancée m'a plaqué, elle n'a pas réussi son bac, et la poisse portait mon prénom, j'ai été déboussolé, et dans le bar du coin tout mon argent j'ai vidé, je suis rentré en titubant, empestant l'alcool à des kilomètres à la ronde, et je n'ai pas réussi à ouvrir ma propre porte, Dorra qui a entendu mes manoeuvres vaines a ouvert sa porte, comprenant la situation elle m'a demandé de la rejoindre, elle était affolée pour moi, personne n'a jamais été aussi paniqué pour moi, je suis allé vomir dans ses toilettes, avant d'aller m'étendre sur le canapé.

Dorra m'a rejoint avec un café turc, qu'elle venait de me faire arrosé d'eau d'oranger, sans sucre, et s'est assise à côté de moi, en prenant ma tête sur sa cuisse, ses yeux me regardaient, et il n'y avait ni jugement, ni pitié, ni colère, je n'ai pu voir que de la tendresse, de la pure tendresse, et elle n'a rien dit, détournant ma tête d'elle, j'ai commencé à parler, à raconter comment mon coeur est brisé, comment mon âme est consumée par cette séparation, et elle, elle me regardait sans brancher, en passant de temps en temps tendrement sa main dans ma tignasse avant de rompre son voeu de silence et dire :
- Moi, tant que je vis, je serais toujours à tes côtés.
Même si la phrase en tant que telle était trop banale, le timbre de sincérité qu'il y'avait dans sa voix m'a ému, j'ai arrêté de chialer sur mon sort, et je me suis retourné sur mon dos, en plus de la tendresse, ses yeux me suppliaient, sa main n'a pas arrêté de me décoiffer, et le courant électrique a coupé court à ces regards bizarres, les messieurs de la compagnie d'électricité ont décidé de se joindre aux forces de l'ombre.
- "Je vais aller chercher une bougie." a t-elle dit.
- Non, reste.
Je me suis senti en sécurité dans le noir, j'étais avec elle sans être avec elle, dans ce noir son image s'est effacée, et il ne restait que sa voix, que sa présence, je me suis assis, et je me suis approché d'elle, elle ne bougeait pas, j'entendais sa respiration lente et sentais l'odeur de son parfum au jasmin dont elle était friande, pris d'une irrésistible envie de l'embrasser, je me suis mis à genoux sur le canapé, mon torse contre son épaule, j'ai tourné sa tête avec mes deux mains, et je l'ai embrassée, sur la joue, sur le cou, sur le front, puis, sur la bouche, et je m'y suis attardé, cela faisait trop bizarre, mais divin, ces lèvres déformées sur les miennes,  ce corps énorme collé à moi, et elle toujours silencieuse, limite passive, mais ne montrant aucun gêne.

Et tout s'est dégénéré, quand elle s'est décidée de bouger, mes baisers alcoolisés ont dépoussiéré des pulsions considérées oubliées, elle m'a pris comme une petite poupée et m'a serré contre son énorme poitrine et elle m'embrassait partout, mon cerveau était totalement vide, j'ai oublié ma misère, j'ai oublié mon existence, je m'étais blotti dans un champ de baisers tendres, tenu par des bras de velours collé sur un coeur qui me désirais, ce n'étais pas l'alcool, c'étais autre chose que je n'ai jamais connue.

Elle s'est arrêtée, et m'a demandé de me lever, et dans l'obscurité elle m'a entrainé par la main dans sa chambre, je sentais ses mains me déshabiller, j'ai essayé d'en faire de même mais en vain, rien que de dégrafer son soutien-gorge m'aurait pris une éternité, elle n'a pas hésité à m'aider, et à m'allonger sur le lit, je la sentais parcourir mon corps avec ces mains, comme si elle essayais de me masser doucement, avant d'attraper mon amis intime par les deux mains, et commencer je ne sais quel rituel agréable dessus, rituel doux langoureux envoyant des sensations voluptueuses partout dans mon corps, avant d'arrêter et de me chuchoter dans l'oreille qu'elle finit par mordiller : "Je vais aller chercher du miel".

Dés qu'elle est revenue, elle enveloppa le poisson encore frétillant de miel , et s'est couchée sur le dos à côté de moi, j'ai attendu quelques instants avant de me décider à sauter le pas, en ce moment je la voulais plus que je n'ai jamais voulu une femme, je me suis mis en dessus d'elle, et quelques tentatives plus tard notre union est faite, sa corpulence ne facilitait pas les choses, mais j'ai réussi, on a réussi, le miel aidant je glissait comme sur une patinoire avec ma partenaire, elle tenait sa poitrine qui voulait faire la malle à chaque secousse, et moi je poussais, j'avais mal au dos par l'inconfort de la position mais je continuais et me retenais, j'avais trop envie qu'elle éclate de bonheur, j'entendais ces gémissements qui augmentaient avant qu'elle ne lâche poitrine pour m'attraper de ses deux mains en expirant trois ah successifs en crescendo, et c'est à ce moment la, que je me suis moi aussi lâché, et cela n'avait rien à voir avec les amourettes de jeunesse et les divers jeux solitaires devant des magazines de faible teneur en vertu, c'était une explosion de plaisir prenant naissance du bas ventre et remontant mon torse jusqu'à ma tête pour y entrer en résonnance avec mes contractions involontaires expulsant mon essence d'homme.

J'ai dormi cette nuit la chez elle et le matin, en me réveillant bien avant elle, en la regardant, je ne la voyais plus comme avant, j'avais un mal de tête à rendre fou, je lui ai quand même, à sa grande surprise, apporté son petit déjeuner au lit.

On a passé deux mois en amoureux clandestins, avant que je ne me décide de me marier avec elle, elle refusa au début, mais finalement on a signé notre acte de mariage, et j'ai vécu avec elles les trois plus belles années de ma vie et de la sienne, tendresse, sexe torride , amour, sympathie, discussions enrichissantes, des folies, des soirées ciné, la totale, on était dans un microcosme séparés du reste du monde, je m'en tapais à quoi pensait les autres, et ces voisins avec leur yeux qui louchaient à notre vue et elle a perdu du poids sans perdre ses jolies rondeurs.

Un soir, elle me semblait un peu triste, elle m'a parlé d'enfants, elle n'en a jamais eu, et ne voulais pas que se soit aussi mon cas, elle m'a dit que je pouvais la quitter si j'en voulais, je n'ai pas répondu, je lui ai souris, et je l'ai prise au lit, et on a fait l'amour  avant qu'elle ne s'endorme avec son demi-sourire.

Le matin, j'ai dû appeler le médecin, rupture d'anévrisme disait t-il, elle est partie sans crier garde, heureuse, mince, jeune et jolie.


Repose en paix ma petite Dorra.