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mardi 12 avril 2011

La biche et le chasseur 2/3 (suite)

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Cette note est la suite de http://coeurs-et-artichauts.blogspot.com/2010/08/la-biche-et-le-chasseur.html
Toute ressemblance avec la réalité est fortuite.
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Elle s'approcha de mon corps meurtri, et avec une voix divine elle me susurra :
* "Qu'est-ce que tu as ?"
- "Rien" ai-je répondu en essayant de calmer mes esprits
* "Regarde-moi"

J'ai levé la tête, et j'ai plongé dans ces yeux aux longs cils ... ce fût un moment où toutes mes peines disparurent, où toutes mes inquiétudes partirent, où cette image de biche sanguinaire s'estompât au profit d'une fée translucide souriante en robe rose/bleue, fine, légère comme de la fumée qui me tendait une main effilée montrant avec l'autre ce que fût jadis cabane et qui prit l'allure d'un énorme château aux mille fenêtres étincelantes.

Mon état émerveillé pris fin quand elle a dit "viens ..." , je me suis levé, sa main tendue se vit perdre dans ma poitrine tenant un coeur palpitant et une âme perdue, et elle tira sans force ... et je l'ai suivie dans son château ... des chambres ... partout ... des portes ... du marbre blanc ... et elle tournait autour de moi et ma tête tournait "reste ici, ne m'y laisse pas seule, j'ai peur" , j'ai tendu ma carabine jurant allégeance à ma reine avant de monter vite embrasser le soleil sur le toit vérifiant si des assaillants allaient pointer le nez pour leur faire mordre la poussière.

Rien au monde ne comptait pour moi que la garde de ce château, deux ans passèrent, et ce que fût chasseur devint majordome à tout faire , nettoyage, réparations, aménagements et avec comme seule contrepartie un sourire féérique octroyé de temps en temps par la reine du lieu, ou encore un rare diner en tête à tête avec l'être parfait à écouter des chants ensorcelants dont les paroles n'ont aucune importance.

Deux années sans dormir, a-t-on sommeil quand on rêve ? A-t-on envie de dormir quand on a cette lourde et pas moins délicieuse tache de porter main forte à la plus belle des créatures ? J'adorais ma nouvelle vie, j'étais sans mourir au paradis me délectant sans vergogne de ce bonheur et de cette présence que mon humble esprit n'eut point espérer un jour vivre.

Je dois avouer néanmoins, que quelques parts je sentais au plus profond de moi des fluctuations étranges, des pensées bizarres, des flashs de chasseurs morts, d'une cabane, d'une biche, je n'en ai pas voulu parler à ma maitresse, jusqu'au jour où j'ai rencontré ce sorcier qui passait à côté du château, "tiens" m'a-t-il dit en me filant des pilules aux effets magiques "prends-en, tes problèmes disparaitront, mais n'oublie point, mon argent, et je passerai te voir de temps en temps", je l'ai payé, et j'ai commencé ma cure de désintoxication d'idées noires et de pensées morbides, cela a duré quelques mois, ma dulcinée n'aimait pas trop ce sorcier, mais les résultats n'étaient pas si mauvais que ça, la magie du sorcier m'a rendu encore plus paisible, encore plus doux, et il fallait moins qu'un doigt qui bouge chez elle pour que je commence à gambader mieux qu'une chèvre dans cet immense château.

Et je croyais vivre le bonheur éternel, jusqu'au jour où  ....

mardi 30 novembre 2010

Huit de coeur.

Crois-tu ma chère dans tes courroux
qu'à d'autres aussi j'ai les yeux doux
à part ton coeur dont je suis fou
nulles lèvres à moi n'auraient de goût.

Dans ta belle mare j'ai chu caillou
vibrant ton corps, tournant ton cou
t'aimant comme un rien aime tout
sans croire qu'un jour j'en sois absout.



lundi 15 novembre 2010

Moi et mon verre.

Je prends encore une autre gorgée de mon verre, mon dernier ami, il est maintenant à moitié vide, je n'avais qu'un fond de bouteille qui trainait, et je l'ai coupé avec de l'eau, pourtant le goût est toujours brûlant, je suis là assis, dans cette cuisine, devant mon verre à penser à toi, va chercher pourquoi je pense à toi, et j'ai décidé de ne pas couler larmes, notre histoire n'a pas fini de me rendre malheureux.
Allez une autre gorgée, ça brûle mais ça fait du bien, je bois mais je sens ma gorge s'assécher, comme cette mare qui stagnait sur mes  yeux, j'ai vécu des années à espérer, à être avec toi, et tu ne faisais que te moquer de moi, et ce n'est qu'aujourd'hui que je réalise que tout a une fin.

Mes pensées reviennent en arrière, mes temps de séducteur charismatique n'ont pas été si loin, et tu es apparue dans ma vie, et c'est moi qui me suit transformé en un esclave en ne dirigeant mes pensées que vers toi, je te voyais partout, j'essaie de m'expliquer le nature de ces sentiments que j'éprouve, mais je ne trouve réponse, des explications que cherchais dans ma solitude, et que j'espère trouver avec ce verre, dont le goût m'exaspère, aujourd'hui, je n'ai plus d'amis à force de ne plus les voir, à force d'être un ahuris par ton obsession, ils se sont tous retiré ne sachant quoi faire de moi.

Et une autre gorgée, mon verre est presque vide, je le secoue un peu, pensant à ma vie que tu as secouée, il n'y a aucune issue à ce que je ressens, et les brûlures que me provoque ces gorgées ne sont rien devant les coups de poignards que je recevais après chaque entrevue avec toi, je sais, tout se passe dans ma tête, et je ne te veux et te voulais que du bien, et ton bien je le sais au fond de moi, ce n'est pas moi, j'essaie parfois d'analyser ce que je ressens, j'ai peur, peur pour toi, je dois disparaître de ta vie, je suis un être misérable qui s'est inscruté dans la tienne, mais qui doit en sortir.

Aujourd'hui mes idées sont bien claires, alors que j'écris ces mots, et que je finis mon verre, je sais que je suis au moins arrivé à un but dans ma vie, je sais que ta situation est meilleure, je sais que tu es bien amoureuse d'un tiers qui prendra soin de toi, je sais que je n'ai plus besoin d'exister dans ta vie, que je n'ai plus besoin d'exister, j'espère qu'un jour, en te rappelant de moi, tu diras : "Ce fût un mec bien", je vais disparaître et arrêter de faire du mal là où je passe, que l'herbe repousse que ta vie verdisse.

Mon verre est vide, mon coeur est vide, ma tête est vide, tout mon corps est vide, la table commence à tourner autour de moi, ce goût affreux sur ma langue dessine un rictus sur mon visage, je me demandais si le goût de la terre allait être mieux, je suis venu au monde pour une mission que j'estime finie en te regardant poursuivre ton chemin, et je te dis adieu.

Ps: Fabricants de javel, pensez à en faire au goût de framboise, j'adorais la framboise.

dimanche 24 octobre 2010

Le moustique.

Il me regarda sous ses lunettes avec ses yeux ahuris répétant la phrase que je venais de lui dire :
"Tu n'as jamais couché avec elle ??" (Remarquez en passant le double point d'interrogation qui n'arriverait jamais à assez exprimer son étonnement).
"Non, je l'ai embrassée une seule fois sur la joue, et ... effleuré la main"
"Raconte-moi" dit le moustique.

J'appelle "moustique" mon psychiatre/psychologue , c'est lui avec qui je prend rendez-vous dans un hôpital bien connu de la capitale, en faisant les doux yeux à son secrétaire, et qui me suce mon oseille à chaque consultation en me bourrant de psychotropes et autres cachets et pilules au noms barbares et aux prix à faire rouler des yeux sur la terre et briller ceux du pharmacien qui te les vend en allant les rechercher dans son coffre-fort en vérifiant ta carte d'identité et en inscrivant des lignes dans ses carnets répétant sans cesse : ne dépasse pas les doses indiquées cochant les paquets des traits obliques avec son stylo en parlant si rapidement croyant indubitablement que je vais suivre ses conseils.

"On est sorti dîner une fois, et dans la rue, sans nous rendre compte, dans le balancement naturel de nos mains, marchant l'un à côté de l'autre .... Sa main a effleuré la mienne" ai-je répondu

"Et ?"

"Le temps s'est arrêté, on était dans la plus peuplée avenue de la capitale, à peine on arrivait a marcher, et tout ce beau monde s'est figé, il n'y avait que moi et elle, et ce contact qui a duré en réalité 1/10 de seconde, je le vis encore, je sens encore la chaleur de ses doigts effilés , je regardais devant moi, mais tout mon corps , tout mes esprits se sont transformés en une main dans la sienne, un moment d'extase extrême que je revis chaque fois que je ferme les yeux, rien qu'un effleurement"

"Et ?"

En général les moustiques font "bzzzz bzzzz" le mien ne faisait que des "et ?" après tout ce que je viens de lui dire, et il me reposait la même question "et ?" , il s'attendait à quoi ? je n'allais pas lui faire l'amour juste en lui effleurant la main !

"Je l'ai conduite chez elle sans dire mot, je ne pouvais plus parler, j'étais dans un état tierce (déjà second quand elle a accepté de diner avec moi)" à ce moment des larmes commencèrent à couler sur ma joue.

"Bzzz bzzz bzzz bzzz " ... ah finalement il commence à parler normalement, tout ce que je comprends c'est qu'il faut que je parle vite, il y'a d'autres patients derrière, il faut que je le paie et que je me casse.

"Non, je n'ai jamais couché avec elle, pour le dîner c'était suite à une discussion de 3 heures minimum via un moyen de communication moderne sublimant l'existence physique et la remplaçant par des phrases courtes peu compréhensibles pleines d'équivoques et me rappelant Yves Montand avec son télégraphiste, je n'ai pas parlé, c'était un diner léger , un simple sandwich , pendant lequel elle n'a fait que parler de ses ex, ces pauvres gens qui comme moi sont tombés amoureux d'elle"

"Comment tu définis ton amour pour elle ?" demanda t-il , me laissant le regarder avec des yeux de merlan frit...il m'écoutait vraiment ?

"Un sentiment d'obsession, il n'y a rien de commun entre nous deux, elle n'est pas mon genre de fille, elle ne comprend pas la moitié de ce que je dis (comme tout le monde), elle est belle je ne puis le nier, mais ce n'est pas la source de mon obsession".

"Alors tu ressens quoi exactement ?” Un psy qui demande de l'exactitude, et je me suis mis à rire avant de continuer

"Un sentiment de protection pour elle principalement"

"Protection de qui ?"

"De moi"

Et là pour une fois j'ai une certaine croyance qu'il m'a compris, il n'a pas ajouté un mot, il a commencé à rédiger sur son feuillet bleu des lignes et des lignes avant de me dire :
"Tu prendra pendant un mois ces 2 médicaments, je te conseille de parler avec elle, de tout et de rien, établit le contact avec elle, je vois que tu es un bon orateur (euh .. oui quand je le veux merci, mais il a oublié la partie où je disais qu'elle ne comprenait que 50% de ce que je dis... Enfin bon...)

Il m'a gentiment vidé le portefeuille, direction pharmacie, tout le tralala, et je téléphone à ma dulcinée  dans une optique de prendre rendez-vous (sous prescription médicale cette fois !), rien qu'un café (ou thé ou ce qu'elle voudrait).

"Salut, ça va ?" ai-je commencé

"Salut, oui bien et toi" a t’elle répondu avec sa voix divine qui m'énivre et qui sonne comme un vrai Stradivarius joué par un maître du violon .

"Bien, bien alors quoi de neuf ?" en préparation de mon sale coup pour le rendez-vous

"Rien comme d'hab, tu sais ? L’ex que j'avais avant mon ex actuel m'a appelé, et veut me voir" a t’elle dit avec sa voix beaucoup moins divine, et qui ressemblait plus au cri d'un chat qu'on vient d'écraser la queue par le même maître du Stradivarius que je venais à l'instant de citer.

"... et ... " (balbutiement)

"ben je ne sais pas .... bla bla bla " à ce point je n'entendais plus rien, je cherchais peut être un métro à la dérive, une comète dans le ciel qui cherchait où atterrir.

Je me suis repris et j'ai répondu : "Bonne chance, au revoir", avant de raccrocher et éteindre mon téléphone.




J'ai deux mots (qui risquent d'être gros)  à lui dire à mon moustique à ma prochaine visite.




dimanche 29 août 2010

La biche et le chasseur.

Mon fusil, rouillé, jeté dans un coin prés de la cheminée me faisait toujours de la peine, depuis que je me suis mis à l'élevage, plus besoin d'aller chasser, enfin, l'envie exista toujours, la lassitude est parfois même mortelle.

Je le regardais, et j’eus pitié de lui, j'ai pris un chiffon doux, mon fusil sur les jambes, un peu d'huile, petit astiquage, petit essayage et ça fonctionne encore, après toutes ces années, il peut encore tirer, j'ai bien fait gaffe de ne pas le montrer au cheptel la panique y a toujours régné , mais me voyant brandissant mon fusil c'est la pagaille qui va s'instaurer.

Je pris mon fusil bien chargé, attaché à ma ceinture, et direction la forêt, vierge diront certains, mais je n'y étais pas seul, il y'avait d'autres chasseurs qui rôdaient, brandissant leurs fusils devant eux et cherchant le moindre signe de vie pour le tirer.

Et c'est entre ces arbres, que j'ai vu un mouvement, peur de rater mon coup, j'avança calmement, mes instincts de chasseur sont bien revenus, j'avais complètement oublié mon élevage, moi et mon fusil ne faisant qu'un, et j'ai continué à avancer, et là , depuis ce buisson mouvementé, ce haussa une tête, une biche était entrain de mâchouiller tranquillement des pousses vertes, j'observais pendant un moment la grâce avec laquelle ces feuilles disparaissaient dans sa bouche, des feuilles tendres, dans une bouche si tendre, j'étais très perturbé, même mon fusil que je brandissait, touchait terre, et pendant que j'entendais les autres tirer à droite et à gauche, moi je regardais une biche ... grignoter.

Ceci pouvait durer une éternité, si elle n'avait levé tête et me regarda, ces yeux, aux longs cils, ensorcelant, enivrant firent presque arrêter mon coeur, elle les clignota langoureusement, avant de faire quelques sauts prenant la direction de la rivière, et je l'ai suivie, même si la rivière est une zone marécageuse et je n'ai jamais aimé m'y aventurer.

Elle sautillait allégrement d'un buisson à un autre, et je la suivait, s'arrêtant de temps en temps pour me jeter un coup d'oeil paralysant, mes pieds commençaient à s'enfoncer dans le marécage, mais je ne m'en souciait pas, et une cabane en bois est apparue devant moi, ma biche me regarda longuement, avant d'y entrer.

Elle était maintenant coincée, c'étais trop facile, tirer une biche dans une cabane, c'était trop facile, mon petit doigt m'a quand même recommandé de faire un peu le tour de la cabane, ce que je fis, il y'avait une fenêtre à l'arrière, je m'en suis approché calmement et regarda d'un oeil, et un sentiment d'évanouissement m'a envahi.

Ma biche était là, devant la porte, elle tenait avec ces petites mains un Fass 90 dernier modèle visant l'entrée, attendant mon apparition pour me déchiqueter, et sur les murs de la cabane, des tableaux de chasse, des massacres sont alignés des têtes de chasseurs empaillés avec leur petit fusil raccroché au cou, il y'en avait une centaine, mais il y'avait aussi assez de place , pour qu'elle y raccroche le mien, je l'entendais murmurer "Vas-y approche toi connard".

Je voulu alors m'éloigner en silence, mais je me suis trouvé assez embourbé, la vase arrivait à mes genoux, je faisais un effort surhumain pour m'échapper, mais quand je commençais essoufflé à sentir la terre ferme, ma biche était là, à me regarder, avec ses yeux, et cette petite touffe d'herbe dans sa bouche, avant de re-sautiller à l'intérieur de la cabane.

Avec un pied dans la vase, un pied sur terre ferme, la biche qui m'attend avec son fusil d'assaut devant la porte, mon élevage qui m'attend toujours que je revienne le nourrir je ne sus quoi faire, je restais figé là des jours, des semaines, des mois, à regarder d'autres chasseurs, entrer dans cette cabane, sans jamais en ressortir, et sans jamais pouvoir quand même prendre décision.











dimanche 18 juillet 2010

Le trou.

Le son de sa clé dans la porte d'entrée a toujours été pour moi le générique de fin de mon feuilleton préféré, il a faim quand il rentre le soir dans son nuage de fumée de narguilé et de cigarettes, il se dirige machinalement se changer dans la chambre à coucher tandis que moi je prends route vers ma cuisine.

Le temps que chauffe rapidement mon fait-tout, que je verse deux assiettes et il est là dans son pyjama et son marcel blanc sale,  je lui envoie mon "Salut" à quoi il répond en quelques syllabes indiscernables, et s'assoit commençant à manger sans m'attendre comme d'habitude.
- Quoi de neuf ? Dis-ai je.
Il hocha la tête tout en continuant à se goinfrer de mon met dont il oubliera la dénomination sitôt sorti de la cuisine.
- J'ai vu ma mère aujourd'hui, elle te passe le bonjour, et tu sais pour le mariage de ma cousine ...
J'ai dû m'arrêter de parler, il avait placé sa main sur son front me montrant qu'il avait mal à la tête et disant :
- J'ai eu une journée pénible, n'en rajoute pas.
- "Désolée." ai-je répondu tout doucement, comme d'habitude.
Sans finir son assiette, il se leva regagner sa télé, j'ai dû tout finir vu qu'il n'apprécie pas que je jette de la nourriture, et ne tolère pas être servis quoi que se soit dépassant trois heures d'âge.

Une heure plus tard, j'avais tout nettoyé, tout rangé, thé vert à la menthe prêt,je le lui apporte au salon, coïncidant avec la fin de son émission sportive, il le goulu cul-sec en se levant me dire : "allez, on se couche".

"On se couche", mon vrai calvaire journalier commence avec cette phrase, depuis des années je me traine au lit conjugal qui ne conjugue que ma détresse, je me dévêtit totalement gardant une nuisette et je me glisse sous la couette attendant mon sort.

Il vient,  avec ma nuisette, il a compris que mes les ours n'ont pas encore attaqué, il fait le tour de la pièce vérifiant que les fenêtres sont bien fermées, il jette rituellement un coup d'oeil sous le lit puis il éteint la lumière.

Je le sens  entrer sous la couette et je commence à prier, prier qu'il soit vraiment très fatigué ce soir,  mais rares sont ces jours , et sans y aller par quatre chemins, il passe sur moi, avec son marcel et son pyjama rabaissé et dont la boursouflure  de ceinture ne va que me faire mal aux intérieurs des cuisses, et il commence son tâtonnement, dans le noir, cherchant son trou, le trou qu'il a épousé, ce droit qu'il a acheté et que je devai mettre à sa disposition ce soir comme tous les autres soirs, et avant qu'il ne m'en perce un autre avec son acharnement je l'aide avec ma main, et il pousse, à sec, me déchirant la chair comme chaque soir, j'essaie de me retenir, mais la douleur me fait gémir, et il pousse, il pousse, la minute qui dure une éternité, pour que finalement j'arrive à sentir les saccades de son acide baignant mes entrailles.

Il se rabat sur moi haletant son haleine fétide de fumée froide, je tend la main rapidement déchirer de l'essuie-tout, dans le noir, tentant de ne pas trop salir les draps pendant que son instrument de torture reprenait sa taille de repos.

Je lui mis dans la main une feuille essuie-tout, il se balança sur son côté comme un gibier qu'on venait d'abattre, je le sentais remontant ces affaires en tassant son essuie-tout, pour me donner le dos et commencer à ronfler.


Et là, malgré ma douleur, je suis devenue contente, heureuse, ce ronflement était le signe pour moi d'aller voir mon vrai amant et vivre avec lui mon plus beau moment de ma journée, je me suis levée en silence, pris ma cape de bain, et allée regagner mon pommeau de douche.

mercredi 2 juin 2010

La buée.

La pluie battait son plein dehors, et le vent criait à tue-tête à travers le carreau brisé de la fenêtre de notre cuisine, carreau que Monsieur ne s'est jamais dédaigné de réparer, et dont toute allégation pourrait conduire à une chamaille dont je me passerai.
Je venais de mettre mon petit bout au lit et couru me réchauffer à côté de ce monsieur étendu dans son canapé favori tout en tenant son grand journal et pompant avec les pieds l'unique et dérisoire chaleur dans cette demeure générée au prix fort par notre minuscule radiateur électrique.
J'ai allumé le poste de télévision comme toute femme qui se respecte mais rien n'y fait, l'orage dehors fait faire des pirouettes acrobatiques à ma parabole, rendant la réception impossible; Monsieur montra quand même par un léger grognement son mépris à l'égard de mes tentatives infructueuses de trouver une chaine fonctionnelle, j'ai battu retraite et éteignis la télé.

Je me suis accolée à lui, regardant les pages de sport dont il ne se lasse jamais, et qui à moi n'évoquaient rien, il bougea un peu signe distinctif de sa volonté que j'aille m'assoir ailleurs, signe que j'ai totalement ignoré.
Il lisait, lisait en silence, toutes ces colonnes, du texte, des chiffres, des tableaux, des résultats, des conneries et je ne sais ce qui m'a prise pour lui lancer en désignant d'un doigt un footballeur : "C'est lui Messi  ?" il parût brièvement perturbé, mais sans dire mot, il hôcha négativement la tête.
"Sonia m'a dit hier, que son fantasme c'était lui ! " ai-je ajouté avant d'extraire de ma bouche un court rire niais.

"Elle a vraiment des fantasmes bizarres dont je t'en ferais abstraction, je sais, elle n'est pas du genre à tromper son mari, mais elle nage tout le temps dans ses fantasmes"
Je me suis tue, attendant une réaction de sa part qui ne vint jamais, avant de continuer de plus belle

"Moi, par exemple, j'ai des fantasmes, mais c'est plutôt le lieu et le moment qui m'interessent, tu vois par exemple, j'aimerais bien qu'on se retrouve moi et toi coincés dans un ascenceur ce qui est assez classique me dirais-tu, ou mieux encore qu'on se fasse du bien dans ton bureau, avec la peur que quelqu'un nous y suprenne"

Il hôcha la tête positivement, signe ininterprétable au vu de ce que je venais de dire, j'ai fermé les yeux, jeté ma tête en arrière, et j'ai continué

"Imagine, qu'on sorte ensemble, là maintenant, tout de suite, sous ces trombes de pluie, qu'on aille au milieu de nulle part, dans un parking d'hypermarché, dans une rue dépeuplée,  qu'on s'embrasse comme ces deux amants ne le fûrent un jour, des baisers furtifs avec toute cette peur qui nous envahit, peur d'être vus, d'être découverts, et avec toute cette passion qui nous allumait, je sens déjà mon visage qui rougit, et tes mains se baladant gracieusement sur mon corps, au dessus de toute cette masse de vêtements avant qu'elles ne commencent à se frayer chemin dessous, là où personne ne s'est jamais aventuré.

Mes gémissements seront masqués par le vacarme de la pluie sur le toit métallique de la voiture, et je te demanderai sûrement de t'arrêter, mais tu ne dois surtout pas m'écouter, on passera comme on le peut sur la banquette arrière, et tu porteras mes mains sur cet objet durcissant sous le tissu bleu de ton jeans, je n'oserai pas regarder où mes mains tremblantes se délectent, tu déboutonneras tout ce que tu peux déboutonner, et tu te balladeras sur mes cuisses sous ma petite jupe que j'aurais porté pour l'occasion, et moi j'attendrais le gros méchant loup encore caché qui n'attend que l'éclair d'une fermeture pour aller mordre au fond de moi.

Tu m'adosseras sur le banc, et tu m'embrasseras comme tu veux, là où tu peux, je ne verrai que ta tête que je tiendrais par les mains, farfouillant mon corps à moitié dénudé et sentirait  ton appendice se faufilant dans ma tanière, qui deviendra sienne dans une explosion de sensations indescriptibles, sensations dessinées par les bouts de mes doigts sur la buée de la vitre derrière moi.

Et là, encore hâletante, ta tête remontera au niveau de la mienne, et tu embrasseras le bonheur sur mon visage en me murmurant tes plus beaux mots d'amour, comme jadis, tu faisais ."

Je ne saurais peut-être jamais à quel moment j'ai arrêté de parler, mais quand j'ai ouvert les yeux, j'étais tapie dans ce canapé, seule, il était deux heures du matin avec des pieds gelés parceque le salaud en allant se coucher n'a surtout pas oublié  d'emporter avec lui le radiateur.




mercredi 26 mai 2010

Libre.

Préambule: Ceci est un récit, morose, noir, lugubre et triste, inspiré de faits réels, j'ai dû ajouter ce préambule vu que ceux/celles à qui j'ai montré mes brouillons, n'ont pas été très contents de moi après.


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Ils sont tous assis, tous me regardent, certains, les yeux rouges, d'autres attendent, la blouse blanche a annoncé l'arrivée de mon wagon à son terminus avant de me donner ma dernière dose de sédatif et me retirer cette bouteille de sérum, et je me sens déjà léger, à planer dans les airs, vais-je voir ce tunnel sombre et la lumière blanche au fond ? Non rien de cela, je ne vois que des expressions sur des visages autour de moi.

J'observe ma femme, triste ? Je me demandais qu’est ce qui pouvait la rendre triste ? Est ce mon départ ? On s'est déjà quitté il y'a plus de dix ans, et elle n'a été qu'heureuse depuis ! Est ce mon départ ou bien l'imminence du sien qui l'attriste ? Je pense avoir tout fait pour ne lui laisser aucun fardeau, à sa place, j'aurais déjà commencé à raconter des blagues voilà que mon colocataire de palier qui fait ses valises, je n'étais que son voisin de chambre, avec qui jadis elle flirtait, et qui depuis le temps l'aurais dû vraiment quittée, je n'étais peut-être pas un bon mari mais je l'assumais.

Ma respiration est de plus en plus pénible, je sens mon torse endolori sans vraiment faire mal, grande envie de tousser, mais pas assez de forces pour le faire.

Je regarde ma fille, revenue de France pour l'occasion, et quelle occasion, comme si elle attendais ce moment pour venir me voir, je ne peux dire que pendant toutes ces années elle nous aurait oubliés, elle a toujours téléphoné ... à sa mère, jamais elle n'a pensé à quel point à moi elle manquait, mais je n'osait le lui dire, finalement je ne savais rien d'elle, mais ce n'était pas grave, sa mère en savait assez, j'aurais bien aimé que même pour cette occasion, qu'elle vienne m'embrasser , me dire adieu, me dire que peut-être elle m'aime, me dire "papa" comme quand elle le faisait toute petite, mais rien, elle était plantée la, limite embêtée, collée à sa mère sans dire mot.

Je sens de moins en moins les pieds, un engourdissement apaisant les envahis, ils ne me font plus mal, je ne suis pas sûr que se soit le sédatif, j'ai atrocement soif.

Ma mère pleurait, assise toute seule à mon chevet, elle essayait de se retenir, elle ne comprenait pas, elle murmurait sans cesse croyant que je ne l'entendais pas : "Dieu, prenez moi et laissez le" tout en me tenant la main, une main qu'elle caressait sans cesse.
Cette mère que j'ai toujours ignoré, que j'ai toujours délaissé, qui ne voulais rien de moi et que ma femme refusait de vivre avec, vivant de la retraite de feu mon père, et m'agaçant avec ces coups de téléphones pendant mes réunions de travail, elle , qui se retenait de m'appeler chez moi, pensant ainsi réduire les tensions au sein de mon "couple".

J'ai encore plus soif, mais à quoi sert bon de gaspiller de l'eau, d'ici peu je n'en aurais plus besoin, à jamais, que se soit en enfer ou au paradis, je me demande d'ailleurs de quoi j'aurais besoin, tout ce dont je me suis battu pour, je vais le laisser dans ce bas monde, même ce corps que je m’obstinais à muscler pour en garder la jeunesse.

Mon frère était là aussi, il fumait sa cigarette sur le pied de porte, je n'ai pas assez de force pour lui jeter ma carafe d'eau à la figure, dommage, ça aurait été marrant, il va sûrement happer un maximum de mes biens d'ici quelques minutes , lui loup aux dents si aiguisées, il doit être content de lui tuant le temps avec sa cigarette en me regardant avec dédain comme si j'étais la pire racaille sur cette terre.
Il a déjà plumé ma mère au décès de mon père, et aujourd'hui une autre occasion en or qui se présente pour refaire de même.

Et cette odeur de cigarette me piquait le nez, mais peu importe, elle ne pouvait rien me faire de plus, mes mains sont totalement engourdies, et les visages s’effacent ... peu à peu, pas de trace de tunnels, mes yeux se ferment, je ne sais plus si je respire encore, mais j’entends toujours ma mère murmurer.

Mon fils était là tout à l'heure à me regarder dans une froideur magistrale avant de sortir avec la blouse blanche, aucune émotion, j'imagine que finalement il n'est pas content, au moins pour la famille il va devoir retarder son mariage, je lui ai demandé pourtant de ne pas le faire, mais moi je pars, lui il reste, sa femme va sûrement me damner, elle qui croit que je ne l'aime pas, elle est sûrement différente de ce que je voulais pour mon fils, mais jamais au point de la haïr.

Je sens de moins en moins la main de ma mère qui tenait la mienne, je commence à avoir légèrement froid, comme si une douce brise d'été soufflait sur mon corps, ce n'était pas désagréable.

Tu m'avais téléphoné la veille, je t'avais menti, je t'avais dis que c'était bénin, tu allais partir à la maternité pour ton deuxième enfant, j'espère que tu ne vas pas être triste ma tendre amie, mais heureuse, oui, je veux que tu sois heureuse pour moi, mon âme sera avec toi depuis l'au-delà, je ne te quitterai pas des yeux, je n'aime peut-être pas ton mari, mais ... pas toi, j'ai toujours rêvé de toi, de ta main que tu m'as refusée, de tes messages volés, de tes phrases douces que jadis dans mon oreille tu glissais.

Je n'entendais plus ma mère, je sens que je tombe, sensation normale vu que je ne sens plus le lit sous mon dos, je sens le néant, je n'ai plus mal, plus soif ... je suis finalement ... libre ...

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mardi 11 mai 2010

Jalousie ?

J'ai servis le dîner , et je lui ai souris, j'été contente, paisible , je savais que je l'aimais, je savais qu'il m'aimait, tous les couples sont des cas à part, mais tout le monde croit qu'il est à l'image de l'autre, rien n'y est vrai, l'amour n'est jamais ce qu'on décrit, c'est ce qu'on ressent, c'est ce qu'on vit.

Quand je suis rentrée vers 18 heures, il m'a lancé son habituel "Bonsoir chérie", et comme tous les jours,  c'était le moment le plus tendre de la soirée, je me suis changée et je suis dépêchée à la cuisine, et il m'y a suivi, comme d'habitude, me prenant par derrière pendant je mijotait ma petite marmite sur le feu, collant sa joue sur la mienne me tenant avec ses gros bras qu'il ne cesse de muscler, et me chuchotant en douceur "Bien passée ta journée au travail aujourd'hui ?", rien au monde ne m'aurait remplacé cette étreinte, depuis le temps où notre vie intime c'est résignée à des bises et quelques caresses, je ne voyais rien venir, je sais que c'est moi, cela fait bien longtemps que l'idée de faire l'amour me répugne, il a toujours essayé, mais rien n'y fait, est ce cette dernière fausse couche ? est ce le décés de ma soeur ? est ce cet âge qui commence à dessiner rides sur mon visage ? l'envie en moi est chassée par le dégoût, et je ne saurais point l'expliquer.

Je n'étais pas au travail lui qui m'y croyait, Je venais de rentrer apaisée d'une longue ... longue marche dans les environs, à penser, à méditer, à pleurer sur mon sort sur ce qu'est devenue ma vie, je devais sortir, je devais respirer cet air, revoir ce mariage à la dérive, et qui arrive à port, le choix était difficile, mais que valait mon ego ?  qu'est ce  le bonheur ? est-il caché dans des parties de jambes en l'air qu'on se répugne d'offrir ? qu'est ce que je peux offrir d'autre que ma tolérance ? l'acceptance de sa nature d'homme ? lui, il m'accepte, vivre sans enfants, sans vie intime, il est toujours resté avec moi, il m'a toujours parlé, et j'ai manifestement toujours fait la sourde oreille, il me fallait un bon coup de poing pour me réveiller, ses besoins ne sont pas morts avec les miens, je lui étais aveugle, sourde, lui qui me faisait tout pour me rendre heureuse, non , je n'ai pas le droit d'être jalouse, ce sentiment destructeur n'a aucun sens dans ma vie, je prendrais ma part, et laisserais à César ce qui est à César.

Quand je suis rentrée tôt aujourd'hui de mon travail, ils étaient les deux sur le lit, sur notre lit , plongés dans leurs mouvements frénétiques dégoûtants écoeurants, leurs ébats arrivaient jusqu'à la porte d'entrée que j'ai ouverte avec un minimum de bruit de peur de le réveiller, moi qui le croyait dormir fatigué comme il me l'avait toujours dit, ils n'avaient même pas pris la peine de fermer la porte de la chambre à coucher, habitués ? le lit couinait, elle gémissait et mon coeur criait, pleurait, et je me suis échappée ... sans faire de bruit.

Jamais je n'ai cru avoir à subir ce supplice ce soir, je voulais rentrer lui préparer une bonne lasagne, comme il l'aime, et comme je l'aime, il est toute ma vie, mon amour, mon ami, mon frère, mon père, mais moi qu'étais-je  ? sa femme ? je ne l'étais que partiellement, devant la société peut être, dans ma tête peut être, mais pas totalement dans la sienne, je saurais quand même vivre heureuse en le laissant vivre heureux; que d'autres lui donnent ce que je ne puis avoir, in fine, c'est dans mon lit qu'il passera ses nuits.

mardi 27 avril 2010

Grosse, vieille et laide.

Dorra était ma voisine de palier, divorcée depuis au moins 10 ans, dans sa soixantaine,  et qui débordait de gentillesse malgré l'acharnement de la terre sur elle, son mari alcoolique né, ne l'a quittée qu'après lui avoir aspergé le visage d'eau bouillante, en conséquence d'une dispute dont elle n'avait jamais voulu parlé, elle a refusé de porter plainte, mais a été catégorique sur le divorce.

Dorra défigurée, a plongé dans la boulimie et a  gagné du poids, énormément de poids, quand je me suis installé dans mon nouvel appartement il y'a trois ans, elle était déjà bien ronde, enfin gravement grosse, elle ne pouvait techniquement plus monter les escaliers sans prendre quelques pauses, et de toutes façons, il n'y avait que moi qui parlais avec elle, les autres voisins ont vraiment peur d'elle, elle leur semblait bizarre, retirée, grosse, vieille et très laide.

Depuis que je l'ai connue, j'ai étais chez elle à maintes reprises, elle étais gentille, paisible, délicate, elle avait une voix de rêve, quand elle parlait, rien que de perles ne sortaient de sa bouche déformée, je l'aidais en lui faisant parfois ses courses, contre un petit thé de temps en temps, et quelques soirées à regarder les VHS que je lui apportais, j'aimais bien sa compagnie, elle avait un grand esprit, de grandes connaissances, une grande expérience humaine, et sa bonté de coeur n'avait rien d'égal, elle n'en voulait à personne et ne tentait jamais de mettre son poids sur autrui, je l'écoutais pendant des heures quand elle me parlait poésie, et elle m'écoutais des heures à divaguer sur tout et n'importe quoi.

Ma vie a basculé le jour où ma fiancée m'a plaqué, elle n'a pas réussi son bac, et la poisse portait mon prénom, j'ai été déboussolé, et dans le bar du coin tout mon argent j'ai vidé, je suis rentré en titubant, empestant l'alcool à des kilomètres à la ronde, et je n'ai pas réussi à ouvrir ma propre porte, Dorra qui a entendu mes manoeuvres vaines a ouvert sa porte, comprenant la situation elle m'a demandé de la rejoindre, elle était affolée pour moi, personne n'a jamais été aussi paniqué pour moi, je suis allé vomir dans ses toilettes, avant d'aller m'étendre sur le canapé.

Dorra m'a rejoint avec un café turc, qu'elle venait de me faire arrosé d'eau d'oranger, sans sucre, et s'est assise à côté de moi, en prenant ma tête sur sa cuisse, ses yeux me regardaient, et il n'y avait ni jugement, ni pitié, ni colère, je n'ai pu voir que de la tendresse, de la pure tendresse, et elle n'a rien dit, détournant ma tête d'elle, j'ai commencé à parler, à raconter comment mon coeur est brisé, comment mon âme est consumée par cette séparation, et elle, elle me regardait sans brancher, en passant de temps en temps tendrement sa main dans ma tignasse avant de rompre son voeu de silence et dire :
- Moi, tant que je vis, je serais toujours à tes côtés.
Même si la phrase en tant que telle était trop banale, le timbre de sincérité qu'il y'avait dans sa voix m'a ému, j'ai arrêté de chialer sur mon sort, et je me suis retourné sur mon dos, en plus de la tendresse, ses yeux me suppliaient, sa main n'a pas arrêté de me décoiffer, et le courant électrique a coupé court à ces regards bizarres, les messieurs de la compagnie d'électricité ont décidé de se joindre aux forces de l'ombre.
- "Je vais aller chercher une bougie." a t-elle dit.
- Non, reste.
Je me suis senti en sécurité dans le noir, j'étais avec elle sans être avec elle, dans ce noir son image s'est effacée, et il ne restait que sa voix, que sa présence, je me suis assis, et je me suis approché d'elle, elle ne bougeait pas, j'entendais sa respiration lente et sentais l'odeur de son parfum au jasmin dont elle était friande, pris d'une irrésistible envie de l'embrasser, je me suis mis à genoux sur le canapé, mon torse contre son épaule, j'ai tourné sa tête avec mes deux mains, et je l'ai embrassée, sur la joue, sur le cou, sur le front, puis, sur la bouche, et je m'y suis attardé, cela faisait trop bizarre, mais divin, ces lèvres déformées sur les miennes,  ce corps énorme collé à moi, et elle toujours silencieuse, limite passive, mais ne montrant aucun gêne.

Et tout s'est dégénéré, quand elle s'est décidée de bouger, mes baisers alcoolisés ont dépoussiéré des pulsions considérées oubliées, elle m'a pris comme une petite poupée et m'a serré contre son énorme poitrine et elle m'embrassait partout, mon cerveau était totalement vide, j'ai oublié ma misère, j'ai oublié mon existence, je m'étais blotti dans un champ de baisers tendres, tenu par des bras de velours collé sur un coeur qui me désirais, ce n'étais pas l'alcool, c'étais autre chose que je n'ai jamais connue.

Elle s'est arrêtée, et m'a demandé de me lever, et dans l'obscurité elle m'a entrainé par la main dans sa chambre, je sentais ses mains me déshabiller, j'ai essayé d'en faire de même mais en vain, rien que de dégrafer son soutien-gorge m'aurait pris une éternité, elle n'a pas hésité à m'aider, et à m'allonger sur le lit, je la sentais parcourir mon corps avec ces mains, comme si elle essayais de me masser doucement, avant d'attraper mon amis intime par les deux mains, et commencer je ne sais quel rituel agréable dessus, rituel doux langoureux envoyant des sensations voluptueuses partout dans mon corps, avant d'arrêter et de me chuchoter dans l'oreille qu'elle finit par mordiller : "Je vais aller chercher du miel".

Dés qu'elle est revenue, elle enveloppa le poisson encore frétillant de miel , et s'est couchée sur le dos à côté de moi, j'ai attendu quelques instants avant de me décider à sauter le pas, en ce moment je la voulais plus que je n'ai jamais voulu une femme, je me suis mis en dessus d'elle, et quelques tentatives plus tard notre union est faite, sa corpulence ne facilitait pas les choses, mais j'ai réussi, on a réussi, le miel aidant je glissait comme sur une patinoire avec ma partenaire, elle tenait sa poitrine qui voulait faire la malle à chaque secousse, et moi je poussais, j'avais mal au dos par l'inconfort de la position mais je continuais et me retenais, j'avais trop envie qu'elle éclate de bonheur, j'entendais ces gémissements qui augmentaient avant qu'elle ne lâche poitrine pour m'attraper de ses deux mains en expirant trois ah successifs en crescendo, et c'est à ce moment la, que je me suis moi aussi lâché, et cela n'avait rien à voir avec les amourettes de jeunesse et les divers jeux solitaires devant des magazines de faible teneur en vertu, c'était une explosion de plaisir prenant naissance du bas ventre et remontant mon torse jusqu'à ma tête pour y entrer en résonnance avec mes contractions involontaires expulsant mon essence d'homme.

J'ai dormi cette nuit la chez elle et le matin, en me réveillant bien avant elle, en la regardant, je ne la voyais plus comme avant, j'avais un mal de tête à rendre fou, je lui ai quand même, à sa grande surprise, apporté son petit déjeuner au lit.

On a passé deux mois en amoureux clandestins, avant que je ne me décide de me marier avec elle, elle refusa au début, mais finalement on a signé notre acte de mariage, et j'ai vécu avec elles les trois plus belles années de ma vie et de la sienne, tendresse, sexe torride , amour, sympathie, discussions enrichissantes, des folies, des soirées ciné, la totale, on était dans un microcosme séparés du reste du monde, je m'en tapais à quoi pensait les autres, et ces voisins avec leur yeux qui louchaient à notre vue et elle a perdu du poids sans perdre ses jolies rondeurs.

Un soir, elle me semblait un peu triste, elle m'a parlé d'enfants, elle n'en a jamais eu, et ne voulais pas que se soit aussi mon cas, elle m'a dit que je pouvais la quitter si j'en voulais, je n'ai pas répondu, je lui ai souris, et je l'ai prise au lit, et on a fait l'amour  avant qu'elle ne s'endorme avec son demi-sourire.

Le matin, j'ai dû appeler le médecin, rupture d'anévrisme disait t-il, elle est partie sans crier garde, heureuse, mince, jeune et jolie.


Repose en paix ma petite Dorra.

dimanche 25 avril 2010

La gare.

"Tac tac ... tactac" bruit sourd que faisaient les roues de ce vieux train sur ces anciens rails, un métronome mal réglé qui m'empêchait de dormir, ce n'était pas le bruit en tant que tel qui m'embêtait, mais ce dérèglement, et qui d'autres que moi cherchait à entendre un rythme parfait émanant des roues d'un train.

Mon train était plein, des hommes, des femmes, des enfants et quelques poules qui arrivaient à montrer tête de couffins mal fermés, je regardais cette foule autour de moi, tous parlaient, jacassaient, gesticulaient et moi tapis dans mon silence, ils bougeaient autour de moi, et moi je les observait, un regard non loin de celui que j'ai parfois envers mes petits hamsters du laboratoire, ces hamsters qui me faisaient de la peine, qui ne se souciaient pas de ce qui allait leur arriver, ou peut être qu'il s'en doutaient mais n'y accrochaient nulle d'importance.

Plus le train avançait, plus leur bruit augmentait, un instinct naturel de vouloir se faire entendre, j'ai voulu suivre l'histoire de ma voisine, qui parlait de l'amie de sa voisine qui vient de se fiancer; mais que bon dieu elle a à en discuter ? L’autre derrière moi s'acharnait sur son équipe préférée, du bla bla bla, que du bla bla bla, leurs histoires pathétiques me mettaient encore mal à l'aise, me rendait encore seul, seul à pouvoir vivre une solitude dans une foule de semblables.

Et j'ai pris la fuite, en me penchant sur la fenêtre à ma gauche, écrasant sans le vouloir deux cafards qui apparemment voulaient échapper à mon coude, j'ai mis ma tête sur le verre incassable jonché de tentatives de brisure, et je me suis mis à regarder le paysage défiler, psychédélique, avec en prime, les vibrations du verre qui résonnait dans ma tête.

Je ne puis dire pour combien de temps j'étais à demi-conscient dans cette position quand un cri strident me fît réveillait, cri suivit d'une voix semi humaine semi simiesque qui commença à débiter des phrases inintelligibles dans les haut-parleurs du plafond, des phrases dont je n'ai compris mot, mais que tout le monde autour de moi semble d'accord sur leur signification; ils se sont tous levés, et ont commencé un pèlerinage vers la porte de sortie dans leur vacarme qui n'en finissait pas tout en se tassant, en se poussant comme s'ils étaient certains que le dernier serait empalé.

Et le train finit par s'arrêter, une gare, la gare de je ne sais quoi, il fallait attendre la correspondance, mon wagon s'était vidé, tous se sont volatilisés dans leur brouhaha, et leur acharnement à sortir, et je commençait à m'assoupir, quand la correspondance est arrivée sur la voie gauche, un train aussi plein que fût le mien s'est arrêté, et à mon niveau, une fenêtre, un visage et des yeux plus noirs que la nuit me regardaient.

Elle était dans sa trentaine, aussi triste que moi, aussi seule que moi, avec une foule derrière elle qui se tassait, deux mètres et deux plaques de verre incassable n'ont pas empêché nos âmes de se rapprocher, nos yeux de s'embrasser, nos mains de s'enlacer, le tout sans bouger, on n'est plus seul quand on est à deux, nos coeurs se mirent à parler, on était comme debout entre les deux masses de ferraille et je disais:

- Je t'ai cherchée partout.
- Et moi je pensais que tu n'as jamais existé.
- Pourtant je suis bien la devant toi
- Arrête de parler, ne fais pas comme eux, embrasse moi.

J'ai fait un pas en avant, j'effleurais sa robe satinée avec ma chemise, j'ai passé ma main derrière son dos, et avec une délicatesse divine, en tournant légèrement ma tête vers la droite, j'approchais mes lèvres des siennes, trains, rails, gare, foule, tout a disparu, on était dans un champ de maïs, hauts de deux mètres, personne ne nous voyait, personne pour nous juger, rien que l'extase de nos lèvres qui commençaient à se toucher, à se palper dans un silence religieux.

Je sentais son souffle chaud sur ma joue, et sa sève au goût de la framboise sucrée qu'elle essuyait sur ma bouche, elle tiraillait mes lèvres, et je mordillait les siennes, et nos langues dansaient une valse, anarchique, sans musique, tout en silence, avant de partir en exploration de chaque recoin de l'autre, elles se poussaient aux portes soudées ouvertes glissant sous les tenailles d'émail pour aller goûter dans ces cavernes encore inconnues leur eau de vie.

Nos nez n'arrêtaient pas de se frotter, l'un contre l'autre, dessinant des arabesques sur nos joues, au rythme de nos bouches qui s'ouvraient et se fermaient avec acharnement dans des tentatives infructueuses de happer le contenu de l'autre et d'attraper ses langues furtives et délicieuses.

Et dans ma plus profonde amertume, le cri strident se fît encore entendre, donnant fin à notre étreinte, elle m'a poussée sans dire mot, j'ai vite posé un baiser sur son front, avant de remettre le mien sur la vitre, toujours incassable, regardant à travers elle ce train figé pendant que le mien prenait départ, pendant que ma larme murmurait des adieux à une semblable qui apparût non loin d'elle.


jeudi 22 avril 2010

L'oeuf.

Dans un oeuf, le jaune et le blanc, parfois fusionnent en un être ailé voltigeant au dessus des cimes, et parfois, il ne reste que la coquille qui les empêche de se séparer.

Maudite coquille, bénie soit tu quand tu réussis, sans avoir conscience de ce qui mijote dans ton intérieur, et tu ne fais que t'endurcir avec les ans, une coquille en béton, une coquille en laiton, fragile tu apparais, mais dure dure dans la réalité.



C'est la faute à qui ? à ceux qui ont fait de nous des oeufs ? à ceux qui nous forcent à le devenir ? à cette alchimie bizarre qui est à la fois capable de rendre miscible l'eau et l'huile, et capable de d'éclater une âme en deux ?

Sous nos apparences d'inaltérables dieux, un blanc ou jaune d'oeuf se tapis, notre essence est un fluide pestilent, inassimilable, horripilant qui cherche parfois sa coquille, et qui veut la plus part du temps s'en échapper.

Et ces jaunes et blanc, enfermés dans leur impossibilité de fusionner, n'auront pas beaucoup de solutions, quelques uns, casseront la coquille et s'en échapperont, partant en emportant le sang de l'autre, ou en y laissant leurs plumes, stigmatisés à jamais par les rayures de la coquille cassée sur leur peau, d'autres, tenteront en vain de fusionner, il finiront par changer de couleur, et seront considérés par l'ensemble de la volaille comme réussis, les derniers, mourront, sur des petites fenêtres qu'il finiront par dessiner à la craie sur l'intérieur de leur coquille.


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Ce texte est en relation avec l'excellent :  Rupture
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mercredi 14 avril 2010

Amour platonique , sans plateau.


J'ai rêvé de toi, oui de toi et qui d'autre j'en puis rêver, ne fais pas cette tête là, tu ne la faisais pas hier .. dans mon rêve, quand mon corps inanimé gisait sur ce petit lit, crispé dans sa solitude, quand mon âme mutilée s'échappe enfin de sa cage d'acier, libérée, léchant comme un enfant ses blessures de la journée, ton âme errait au gré de l'éther, une aura blanche vitrée et ensanglantée, tiraillée et perdue avant de nous rencontrer, on s'approche l'un de l'autre comme deux feuilles mortes sur les minuscules vagues d'un lac, inéluctablement nos âmes fusionnent, nos sens foisonnent, nos blessures tombent comme si jamais elles ne l'étaient.


Rien dans ce bas monde n'a plus d'importance, ce bas monde qui ne cesse de nous martyriser, chacun de son côté, là haut ? Personne n'est là pour nous narguer, les anges avec leurs petites harpes au loin nous admiraient sans plus nous condamner et nous, on dansait, très doucement, un ... deux ... trois, une valse langoureuse aux rythmes des vagues imaginaires, descendant les creux et remontant les crêtes ensemble et nos auras tournaient comme des robes qui s'étalent, le monde tournait au tour de nous dessinant des sillons de lumières colorées et nous enivrait, nous étions pour un moment ... le centre de cet univers.

Tu murmures au fond de moi : "tu m'aimes ?", amour ... est-ce cette sensation humaine frustrante de laquelle jaillit haine, jalousie, querelles et chagrin ? Non, je ne t'aime pas alors, ce que je ressens est pur, et n'a pas de nom sur terre, ne le ressens-tu pas ? Ne ressens-tu pas mon désir ? Ma dévotion ? Mon adoration ? Moi, je ressens les tiens, dans la fumée de ton âme, je suis moins perdu, pour une fois, je sais ce que je veux ... toi ; Et peu importe que subissent nos enveloppes charnelles, nos esprits sont mariés à jamais.

Les dépouilles réclament leur essence, nous nous réveillons, chacun de son côté, ou peut être qu'on quitte la vraie vie pour sombrer dans le cauchemar .. terrestre.


Gar.

jeudi 1 avril 2010

La terre du milieu.


J'étais nez enfoui dans mes livres et manuscrits quand elle est entrée, son épée à la main, maculée encore de sang, et vêtue de son armure étincelante jonchée de tâches d'origine diverses qu'elle ne cesse d'accumuler bataille après bataille.
Elle retira son casque en acier trempé que portait jadis son père dans un calme quasi religieux libérant sa longue chevelure de feu qui m'a fait toujours rêver.
- "Tu es encore la ?" disait-elle dans un ton limite sarcastique que sa douce voix n'arrivait pas à imiter.
- "je t'attendais" répondis-je
J'ai dû utiliser mon esquive traditionnelle fuyant en vain le reste d'interrogations qu'elle pouvait me porter.

- Mon cher Azky m’attendait ! Pour quoi faire ? Tu es toujours en attente de je ne sais quoi.
- Pourquoi ne reste-tu pas alors à attendre avec moi ?
- Jamais tant que des gnolls sont vivants! Je ne saurais trouver de répit alors que la vie bat dans le corps de l'un d'eux.
- Mais tu en as déjà massacré grand nombre, Gwenäelle, n'est t'il pas temps que la paix règne sur cette terre ?
- Nous les elfes, notre destin est scellé, et nous nous devons d'exterminer cette race.
- Leur destin est scellé eux aussi.
- Que veux-tu dire ?
- Ils se doivent d'exterminer notre race.
- Tu le sais bien, nous sommes beaucoup plus puissant, beaucoup plus nombreux, et Elune notre déesse ne nous lâchera jamais, c'est une quête sacrée.
- Que son nom soit béni, j'ai pourtant épluché tous les livres, j'ai gratté tous mes manuscrits, et je n'ai trouvé trace de ta quête sacrée.
- Maudit soit-tu, comment oses-tu émaner de telles profanations ?

Ces yeux sont partis au rouge, je connaissais ce visage, j'ai été toujours amoureux d'elle depuis notre tendre enfance, mais elle était imprégnée de haine, de douleur, son obsession pour ces gnolls était sans limites.

J'ai baissé la tête en disant:
- Tu n'as pas lu un seul des livres que moi j'ai appris par coeur, tu ne connais rien d'Elune, ni de ses voies.
- Et toi tu n'as pas vu ce que les gnolls nous font, tu n'as jamais été dans un champ de bataille à les regarder décortiquer à coup de couteaux mal aiguisés ton frère d'armes devant tes yeux pendant que ses derniers hurlements te scient les oreilles.
- J'implore la perte de tous ceux qui nous défendent, mais je dédaigne la guerre, ne me racontes-tu pas ce que nous les elfes leur font ?
- Je te passe ces détails, rien n'apaise ma vengeance que la vue d'un gnoll éventré vif braisé sur la lave fraîche de notre saint volcan.
- Vengeance, quel mot horrible.
- Oui, vengeance ! , ils veulent s'emparer de la terre du milieu, notre terre à nous
- La terre c'est la terre, des races y viennent, y bâtissent, puis s'en vont pour laisser place à d'autres, la terre est symbole de vie, je ne conçois qu'on puisse vivre en en ôtant.
- Essaies-tu de me dire que sur notre terre, nous allons laisser vivre des gnolls?
- Oui je l'essaie, depuis le premier âge, cette terre du milieu a été piétinée par quasiment toutes les races, et ce ne sont que les gnolls et les elfes qui se battent pour elle, des milliers d'années à se battre, à s'entretuer, les pertes de parts et d'autres sont énormes, et nos clercs ne font qu'injecter leur perfidie dans les têtes de ceux qui ont vu la misère et qui cherchent un salut.
- Tu dois divaguer, tes livres te rendent fou, la terre du milieu est notre terre à nous, et personne d'autre n'a le droit d'y être, surtout pas les gnolls.
- Pourtant les orcs, vous les aimez bien, et vous les acceptez partout.
- Ce n'est pas la même chose, les orcs eux nous vendent des armes, nous aident financièrement parfois
- Certes, mais ils nous ont conquis les terres du nord, avec le sourire en prime
- Oui, ne mélangeons pas les histoires, les elfes du nord ne sont pas très en accord avec nous, et on ne les aimait pas de toutes façons, mais dés que les terres du milieu nous reviennent, et que les gnolls disparaissent de la surface, on reviendra sur le dossier terres du nord.
- Et les orcs qui vendent des armes aussi aux gnolls ? Cela ne te choque pas ?
- Non, c'est les règles du jeu, c'est des commerçants neutres eux.

Il n'y avait aucune logique dans ce qu'elle disait, mais j'ai voulu quand même continuer au risque de la dégradation de ce dialogue fortuit.

- Tu ne vois pas que les orcs ne font que nous monter les uns contre les autres ? Affaiblir l'unité des elfes, contrôler l'expansion des gnolls tout en jouissant de nos richesses?
- Non, ce que je vois c'est que tu refuses de voir les priorités, la terre du milieu d'abord, puis on traitera la menace des orcs si jamais menace il y'a, mais pour le moment, nous devons tous nous unir contre les gnolls, je suis sûre que tu n’oublieras jamais ce qu'ont fait les gnolls à ton père et à ta mère.

Je m'attendais un peu à cette dernière phrase, mes parents était des elfes paisibles, pieux, adorateurs de la nature, fervents disciples d'Elune et ne méritaient pas cette boule de feu venant de je ne sais d'où, mais sur quoi tout le monde est d'accord qu'elle soit d'origine gnoll, qui les transforma en corps pétrifiés dont l'odeur pestilentielle n'a jamais dédaigné quitter mon nez.

J'ai vécu avec cette image toute ma vie, je n'ai appris l'art de la magie que pour les venger, que pour voir frire des gnolls sous mes flots d'acide, que pour les voir supplier la mort de venir les prendre de mon bain d'adamantite en fusion, mais peu à peu, le choses sont devenues claires dans ma tête, cette haine m'empêchait de penser, cette haine paralysait mon esprit, cette haine ne me permettait pas de voir plus loin que le bout de mes cils, la vérité était ailleurs, bien cachée sous des tonnes de mensonges et d'intérêts et il fallait la chercher.

Sommes nous le bien et eux le mal ? J’en doute, l'histoire des elfes du nord est encore dans ma tête, tout le territoire pris par les orcs sous nos applaudissements, toutes les richesses pompées dans leur terre me chagrinais, deux corpuscules qui se battent depuis jadis, et rien dans leurs pauvres têtes que l'extermination de l'autre, mais celui qui va en bénéficier en jouit déjà.


- J'espère que mes paroles arriveront à raviver ta flamme. Rétorqua t-elle
- Ma flamme est toujours vive, mais elle brille la paix.
- Divague mon ami, je tranche des têtes pour cette paix dont tu rêves tant, tu vois cette épée ? C’est celle la ma colombe blanche.

Comparer son épée à une colombe, alors que le sang y est encore visible a coupé court à l'espoir que me suscitait notre dialogue, épée ? Colombe ? C’est horrible, la notion de paix est tellement différente entre nous, elle voyait la paix dans le sang qui giclait des corps inanimés, et je la voyais dans les sangs qui s'unissaient dans des corps qui s'aimaient.

Je ne voyais que du tort dans ce qu'elle disait, mais elle n'était pas seule dans cet état d'esprit, faire face à tout un mouvement elfique ? Marcher contre courant ? Mon existence meurtrie en est incapable, j'ai sorti ma phrase qui marche toujours face à qui ne dit vrai:

- Tu as raison.